Historique

Un écrit de 1505 fait état d’un gardien du sanctuaire jouissant d’avantages accordés à ses prédécesseurs et qui devaient lui être maintenus. Il y avait donc bien un sanctuaire à cette endroit début du XVIème siècle avec une certaine activité permettant d'accorder des faveurs à un gardien.

L’activité au Bischenberg fut quasiment inexistante durant la guerre de Trente ans (1618-1648) et de longues années passèrent avant que ne renaisse une vie religieuse. La flamme reprit et la fréquentation du pèlerinage croissant, le clergé fit appel aux Récollets-Franciscains de Mutzig-Hermolsheim pour renforcer les équipes, accueillir les pieux visiteurs et assurer les services religieux. En 1663 l’évêque confia la gestion du lieu aux Récollets-Franciscains. Mais sans hospice auprès de la chapelle, ces Récollets desservaient ce lieu en faisant les trajets à pied depuis leur base de Mutzig-Hermolsheim pour les jours de pèlerinage.

C’est seulement vers 1717 qu’ils parvinrent à rassembler les fonds pour l’achèvement de la chapelle et la construction d’un petit hébergement. La chapelle et l’autel furent consacrés par Monseigneur Jean Vivant, coadjuteur de l’évêque qui accorda à cette occasion la permission d’ériger un chemin de croix avec une petite chapelle pour chacune des 14 stations. Une quinzième chapelle dédiée à la Sainte Croix compléta cet aménagement achevé en 1732. Suivirent quelques années de prospérité pour le couvent.

En 1775 l’hospice fut agrandi pour héberger plus de religieux et pour accueillir l’afflux croissant de pèlerins. Il fut déclaré autonome par le chapitre des Récollets. Bientôt la Révolution française arrêta net cet élan. Les religieux sont chassés, les biens sont vendus aux enchères. Les joyaux (autels, statues et orgues ) ont été soustraits à ces exactions. C’est la fin du pèlerinage.

Les Rédemptoristes sous la conduite du Père Joseph Passerat firent l’acquisition de la ruine en 1821, et rapidement les pères Schmmitt, Schöllhorn et Eberlé accompagnés par deux frères vinrent s’établir. Ils s’activèrent à restaurer la chapelle, l’habitation et le chemin de croix. Ils complétèrent les bâtiments par deux nouvelles ailes et formant ainsi la cour carrée intérieure. La population des environs contribua beaucoup à la réalisation de ces travaux. Les Rédemptoristes prêchant les vérités éternelles et la vie dévote insistaient sur la nécessité de la prière et de la confiance en Marie. L’exploitation des terres agricoles environnant le couvent conduisit les religieux à élever une grange dans l’enceinte du couvent en 1857.

Le Kulturkampf de 1873, en chassant les religieux, anéantit le pèlerinage en plein essor. En 1894, après l’abolition de la loi sur le Kulturkampf, les Rédemptoristes réinvestissent le couvent du Bischenberg et les pèlerins retrouvent rapidement le chemin du Sanctuaire. L’intense activité missionnaire se poursuit. Les guerres de 14-18 puis 39-45 réduisent significativement le nombre de religieux, mais la dévotion à Notre-Dame-du-Bischenberg ne fléchit pas. Après les bombardements des villes allemandes, soixante deux hommes et femmes d’une maison de retraite de Mannheim trouvent refuge au Couvent du Bischenberg d’août 1943 à janvier 1945. (C'est de cette époque que date la très forte proximité entre le Couvent et la population allemande, expliquant la dimension binationale de l'Amicale du Couvent). Une importante restauration a été entreprise entre 1957 et 1959, Les autels et les vitraux ont été renouvelés. En 1965 le chœur de la Chapelle fut classé monument historique.